DANS LA CHAMBRE D’ANTAN (F.C.)

Autour du lit, les meubles d’autrefois ont des noms à ne pas coucher dehors !

UNE PIECE A TRESORS ! Au Moyen Âge, le mot chambre désigne l’ensemble du logis. Bien souvent, la maison ne comporte d’ailleurs qu’une seule pièce !

Là, se trouvent tous les biens de la famille : un coffre fermé à clef, une table, des bancs et un lit entouré de tentures.

Au XVIIe siècle, on voit apparaître la chambre à coucher. Celle-ci s’impose véritablement un siècle plus tard auprès de la bourgeoisie.

Le lit de milieu, dont le tour est ouvragé des deux côtés, y tient alors une place prépondérante.

On place à ses côtés la fameuse commode et les meubles de toilette comme la coiffeuse !!

                  

                  COIFFEUSE

LA COIFFEUSE : Place aux accessoires : Plusieurs siècles séparent la simple table de toilette de la coiffeuse (issu sans doute du germanique kufia (casque) !

Au XVIIIe siècle, ces meubles sont souvent ornés de marqueterie de fleurs !

Sous le premier Empire (1804/1815), ils sont en acajou et posés sur des pieds en forme de griffes.

Fabriqués en érable ou en citronnier au XXe siècle, certains modèles sont plaqués en macassar (bois d’ébène) dans les années 1930, ou recouverts d’un miroir dans les années 1940. Les hommes ont eux aussi leur coiffeuse. Confectionnée en acajou et la ligne plus sévère !

                 BARBIERE

LA BARBIERE : vouée au rasage des messieurs : Alors que les dames utilisent depuis le XVIIe siècle une table de toilette, les messieurs ne connaissent la barbière, du latin barba (poils du menton et des joues), qu’à la fin du XVIIIe siècle !

A cette époque, les modèles, dérivés un peu austère de la coiffeuse ressemblaient à des commodes hautes et étroites ; Il faudra attendre la période Louis-Philippe (1773/1850) pour voir apparaître des barbières permettant de se raser debout !

Sur des pieds à roulettes repose une colonne qui supporte un miroir pivotant. D’autres barbières plus élaborées présentent un plateau mobile en glace, qui, en tournant, dégage les divers instruments nécessaires au rasage !

          PSYCHE

LA PSYCHE : Pour un reflet enchanteur :

L’arrivé de ce grand miroir dans l’ameublement est une révolution ! Grâce à cet objet, né des progrès de l’industrie verrière, on peut s’admirer de la tête aux pieds. Il porte d’ailleurs le nom de l’héroïne d’un conte grec, Psukhé, d’une beauté exceptionnelle !

Qui s’y regarde se voit belle comme Psyché !!!

Elégant et pratique, ce meuble est posé sur le sol, il est, le plus souvent, de forme ovale et monté sur un pivot.

La psyché fait son apparition sous le règne de Louis XVI (1774/1792). Le premier Empire (1804/1815) en fera un de ses meubles préférés. On doit les plus beaux modèles à l’architecte Charles Percier, chargé par Napoléon 1er d’aménager les résidences officielles. Peu à peu, ce miroir disparaît pour être remplacé par l’armoire à glace !!

            SOMNO

LE SOMNO : A côté du lit : Inventé sous le premier Empire (1804/1815) le somno du latin somnus, (pour le sommeil) remplace la table de chevet à quatre pieds. Souvent de forme tambour, le somno reflète le style militaire de l’époque. A l’intérieur, on y cache le pot de chambre !

Quant à la porte, elle est cachée à l’arrière. Au XIXe siècle, les somnos sont réalisés en acajou et recouvert de marbre ;

L’ébéniste de Napoléon 1er (1769/1821) Jacob-Des-malter a signé un somno en acajou et bronze doré, conservé au château de Fontainebleau !

         COMMODE

LA COMMODE : si pratique : Meuble féminin par excellence en ce qu’il reçoit la lingerie des dames, la commode, du latin commodus (qui est de bonne mesure) s’intègre parfaitement dans la chambre ! Ce rangement à tiroirs se substitue, à la fin du XVIIIe siècle, aux coffres et aux buffets !

La France entière s’en empare, de l’aristocratie à la bourgeoisie provinciale. Selon les époques, sa forme évolue : de l’imposante commode dite « tombeau », présente jusqu’au XVIIe siècle à celle très étroite appelée chiffonnière ! Pratique, elle prend également place dans la cabine des capitaines ; la commode bateau est en acajou ou en érable et agrémentée de cuivre !

                     BONHEUR_DU_JOUR

LE BONHEUR DU JOUR : bureau de tous les secrets : Au milieu du XVIIIe siècle, le bonheur du jour, baptisé aussi bureau de dame à gradin, remplace le très sérieux bureau de pente dans la chambre des élégantes !

Posés sur la table à écrire, un casier ou des tiroirs, dissimulés par des vantaux (parois mobiles) ou des rideaux coulissants, permettent de cacher lettres ou petits secrets !!

Marquetés, recouverts de laque importée d’Extrême-Orient voire de plaques en porcelaine de Sèvres, ces meubles petits et légers sont particulièrement soignés !!

On retrouve le bonheur du jour tout le long du XIXe siècle.

Dans les années 1900, l’Art Nouveau, le parera de lignes sinueuses inspirées de la nature !!

        SERRE_BIJOUX

LE SERRE-BIJOUX : réservé aux reines : Les femmes du peuples protégeaient leurs bagues et leurs croix régionales dans de petits coffrets en vois sculpté et peint !

Les bourgeoises aisées et les aristocrates se faisaient offrir de ravissants écrins en métal, sertis de pierres semi-précieuses. Les princesses et les reines préféraient les « Serre-Bijoux », du latin serare (fermer avec une barre) et du celtique biz (doigt) ! Ils ressemblent à de petites armoires à quatre pieds. Le modèle le plus célèbre a appartenu à la reine Marie-Antoinette (1755/1793) !

Il est aujourd’hui conservé au château de Versailles !!